Thermo : Cette composante, inspirée par des termes tels que “thermique” et “thermo-nucléaire”, incarne l’énergie cinétique et la génération de chaleur.

Médolox : Une référence symbolique à des identités corporatives multinationales fictives, englobant une gamme de produits et de processus industriels, pharmaceutiques, militaires et liés à l’énergie.

La série “Thermo-Médolox” tire son titre thématique d’une de ses toiles à grand format, “Thermo-Medolox”. À l’origine, j’avais choisi le titre “Shifts of Power” (“Les Changements de Pouvoir”), mais j’ai eu l’impression qu’il pourrait être trop large et chargé d’interprétations métaphoriques. À la place, “Thermo-Medolox” (TM) a été choisi car il encapsule efficacement l’essence de cet ensemble de travaux :

Ces œuvres comportent également des références sous-narratives touchant à des sujets tels que la préservation de la vie biologique humaine par la technologie, l’utilisation d’animaux sauvages comme symboles corporatifs, et la destruction de l’environnement naturel due aux activités industrielles humaines.

La peinture-titre, “Thermo-Médolox”, présente deux symboles prééminents juxtaposés de chaque côté d’un diptyque : une pilule colossale et un logo corporatif fictif stylisé en forme de ‘T’, représentant ‘Thermo-Médolox’. Initialement conçue comme une image de pseudo-panneau d’affichage faisant la publicité des produits industriels de l’entreprise, l’œuvre a progressivement évolué dans une direction visuelle différente, devenant plus abstraite et énigmatique. La pilule, un motif récurrent dans mon travail, symbolise un processus ou un agent d’anesthésie, représentant une forme de contrôle, à la fois biologiquement et psychologiquement. Sous le logo corporatif, l’arrière-plan est traité de manière plus abstraite, avec une combinaison de lignes géométriques rouges larges qui se croisent, masquant presque la présence de missiles et de bombes dans un axe diagonal fort. Ces lignes représentent à la fois un réseau structurel et un hommage stylistique aux compositions constructivistes russes dynamiques caractérisées par leurs puissants éléments géométriques et diagonaux. J’ai toujours cru que l’art de propagande constructiviste russe, bien qu’important et original, véhiculait un enthousiasme utopique et finalement incongru lorsqu’il était contrasté avec la dystopie communiste dictatoriale qui a suivi.

Intégré dans la peinture se trouve un sac en vinyle sculptural contenant un contenant en plastique transparent rempli de solution de congélation, symbolisant la préservation de la vie biologique humaine et de l’appareil technologique qui la soutient. Cette œuvre, à bien des égards, sert de critique à notre culture technologiquement corporatisée, reflétant une réalité dystopique.

Dans “True North” (“Le Vrai Nord”), j’utilise un dispositif sculptural présentant un découpage métallique d’un cerf (ou caribou), inspiré de la pièce de 25 cents en argent canadienne. Placé devant une scène de paysage apocalyptique en arrière-plan, cette composition crée une tension entre l’ordre naturel et l’environnement transformé artificiellement par l’intervention humaine. Les entreprises utilisent souvent des animaux sauvages dans leurs logos et leur publicité pour symboliser le pouvoir et le mystère, en appropriant facilement des symboles de l’occulte et de la mythologie ancienne. Le paysage de l’arrière-plan montre un conteneur chimique flottant dans un paysage apocalyptique ambigu, passant des arbres de conifères aux flammes, accompagné d’un signe chimique énigmatique. En essence, cela exprime un monde brûlé, dévasté et contaminé. “True North” souligne également la guerre violente menée contre la nature par une culture technologique, aboutissant à l’appropriation et à la cooptation du noble symbole du cerf comme forme de branding corporatif. Cela constitue un acte sacrilège, profanant et diminuant un symbole autrefois sacré qui incarne un ordre naturel éternel.

En fin de compte, le thème principal exploré dans cette série tourne autour de l’obsession de notre culture technologique de faire la guerre à la nature, et par extension, à la vie en général. Au cœur de cela, il ressemble à une économie de style militaire avec des sous-économies industrielles subordonnées, où nos principales activités économiques sont absorbées dans la conception de services et de produits qui génèrent des déchets humains et industriels, contribuant au stress environnemental, à la destruction et à des dommages irréparables pour la biosphère. Cela résulte en une boucle de rétroaction inquiétante de produits de consommation et de sous-produits de déchets, affectant négativement notre bien-être mental et physique, conduisant souvent à l’idée qu’il y a une pilule pour chaque mal. L’extérieur noble des mouvements écologiques environnementaux, de façon paradoxale, a été coopté par les intérêts corporatifs et étatiques. En termes métaphoriques, on pourrait être amené à penser au film ”Invasion of the Body Snatchers”. Les générations futures, y compris nos propres enfants, pourraient bien nous reprocher pendant des siècles.

 

Pierre Duranleau aka Cafargo – February, 2011  

  
 
  
  
  

 

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